"A Corps Perdu"

La Métode de SkiPanda est une nouvelle technique de ski, une Ecole de Ski, qui enseigne à maîtriser l’énergie physique de la gravité et la crainte psychologique qu’elle inspire.

"A Corps Perdu" est le conte issu de la méthode de ski. Il est poème à l’amour paternel, Petit Prince du Ski, Tao du ski. Il est surtout le 1er essai littéraire sur le ski. Fidèle à l’idéal français de l’homme complet, il allie le corps et l’esprit, l’évocation des sensations kinesthésiques à l’efficacité du geste sportif, la rationalité scientifique à une spiritualité du 3ème millénaire, affranchie des gangues religieuses surrannées. Une ode à un humanisme de type nouveau.

A Corps Perdu Couverture

A propos de l'auteur

Alan Bertrand

--Son enveloppe corporelle--

Alan Bertrand

--L'échographie de son âme--

50 ans avant qu’une erreur d’aiguillage ne me jette sur la planète Terre, je marinais déjà dans les félicités du ski grâce aux gènes de mes vieux, qui y étaient accros. Age trois ans, assis sur mes skis, je me suis lancé à la conquête de l’Alpe homicide. Age six ans, inconsciente du fait que Seelos venait d’inventer le virage parallèle, ma mère s’évertuait à m’enseigner le virage télémark ses talons attachés à ses skis hickory tout neufs. Elle n’a jamais compris pourquoi ça ne fonctionnait pas. Pour survivre j’ai donc appris à sauter hors du chemin des arbres. Age dix ans, ma mère m’a confié une paire d’épais skis norvégiens de 2,30m de long à la spatule très haute, me recommandant : «Ces skis ont fait ton père et ton grand-père, je veux qu’ils te durent toute ta vie à toi aussi. »  A ma plus grande honte j’ai renoncé à les skier il y a un certain temps et les ai accrochés au mur de mon chalet. Comme ce bon vieil artisan norvégien ne m’avait pas tué, à 20 ans, j’ai permis à l’ENSA (Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme) et la PSIA (l’ENSA US) de me conférer leurs diplômes de moniteur. Le métier nourrit son homme. Puis, à l’appel du large, je suis allé colporter la bonne parole du ski auprès des skieurs indigènes sous-développés de la Californie. En ce bon vieux temps de la fin des années cinquante, les autochtones de l’Oklahoma prenaient mes skis sur le toit de ma voiture pour des cannes à pêche. Au jour d’aujourd’hui, entre l’Amérique, la France et la Chine, les victimes de mes leçons de ski doivent passer les 10.000.

A la fonte des neiges, je me suis égaré dans quelques écoles qui m’ont infligé un master en chinois et un diplôme en cinéma. Faute d’avoir trouvé de l’or à ma ruée en Californie, J’ai roulé ma bosse au fond d’une mine de charbon, à la pêche au chalut, j’ai tâté à l'agriculture, la plomberie, la menuiserie, j’ai bien sûr aussi été garçon de café, j’ai pelleté la neige des toits, fait des films, un peu tout quoi et rien de bien, si ce n’est que j’ai échappé à la prison en dépit des louables efforts de ma première femme américaine. Encore une occasion ratée par manque d’application. Personne n'est parfait ! Destin commun à tout moniteur bronzé, je fus marié presque autant de fois que divorcé. Je ne me suis longtemps installé nulle part, si ce n’est à Chamonix au grand dam de ses habitants qui voient un étranger (« Monchu ») en quiconque n’est pas né dans La Vallée. N’ayant guère cotisé, mon plan de retraite est de continuer à enseigner le ski grâce à une paire de genoux tout neufs en titane que le médecin garantit 3000 ans contre la rouille. Pour mettre un peu de beurre dans mes épinards je lui ai proposé de lui faire de la pub jusqu’en 5006. Il n’a pas répondu à mon offre. D’ici 5006 je lui laisse le loisir de changer d’avis.

La joie d'une leçon de ski,
La joie d'une leçon de vie,
la voie de la jubilation,
La bible du bonheur.